Les échanges commerciaux post-Brexit à l’orée de 2021

Un référendum voté il y’a trois ans, une sortie effective il y’a cinq mois, aujourd’hui nous parlons officiellement de l’Union européenne à vingt-sept sans le Royaume-Uni. Plus que le transport aérien, ferroviaire et maritime, le transport routier va connaître un véritable bouleversement concernant les échanges post-Brexit.

Le secteur routier , plus touché

Une transition lente, mais sûre

Depuis que les négociations ont débuté, le deux camps semblent rester sur leurs postions . Alors que la secrétaire d’Etat française aux Affaires européennes juge difficile de boucler les négociations concernant la transition en quatre mois , Boris Jonhson le premier ministre britannique ne semble pas vouloir étendre la période de transition au delà du 31 décembre.

En l’absence d’accord

Depuis le 31 janvier 2020, le Royaume uni est officiellement sorti de l’UE… sans accord commercial pour le moment. C’est une décision qui, jusqu’à présent bouleverse de nombreux citoyens européens, et français notamment. Fini les va-et viens continus, et bonjour les contrôles restrictifs, bonjour les échanges post-Brexit.

Qu’il s’agisse du tourisme ou du commerce, de l’échange des biens ou des personnes, tous les secteurs sont touchés par cette réforme post-Brexit.

En effet, d’aucuns pensent que le Royaume Uni a tout à perdre en quittant l’UE, car grâce à elle, le Royaume a accédé et facilité ses échanges et collaboration avec les autres pays membres. Avec cette sortie, elle se referme sur elle- même et prend le risque de perdre de nombreux avantages et accords collatéraux qui la reliaient aux autres . D’un point de vue commercial, 43% de leurs exportations et 53% de leurs importations se déroulent en Europe estime Vincent Falcoz, Conseiller auprès du secrétaire général des Affaires européennes en charge du Brexit.

Pour d’autres, c’est le reste des nations et la France spécifiquement (6ème pays le plus touché) qui a beaucoup à perdre après la vie post-Brexit. Le Royaume -Uni était l’un des Etats les plus puissants de l’Union européenne et ce en matière politique, économique, militaire et diplomatique. Envisagez, imaginez une vie post-Brexit pour la France semble aussi délicat que complexe.

Blocage des transporteurs sur l’axe de la Manche

Le Nord de la France, connu pour être un raccourci pour accéder à la Grande-Bretagne via la côte de la Manche se verrouille. Bientôt considéré comme un pays tiers, le Royaume perdra certainement ses nombreux droits en matière de libre-échange et de libre circulation des biens et des personnes vers la France et les autres pays européens. Sur le plan technique, cela signifie que les formalités douanières seront de nouveau rétablies, ainsi que le renforcement de certaines barrières réglementaires pour les pays pouvant causer des retards de livraison

Augmentation des délais de livraison

Qui dit embouteillages, dit retards, et qui dit retards, dit insatisfaction des clients. Bien que ce soit indépendant de la volonté des chargeurs, il est presque impossible aujourd’hui de prévoir ou d’anticiper ces échanges post-Brexit . Ce qui est certain, c’est que de nombreuses entreprises exportatrices et importatrices vont devoir faire face au risque de perdre des marchés.

L’avenir post-Brexit bien ombrageux , mais pas chaotique menace les transporteurs routiers d’un flux importants de passage, malgré les infrastructures mises en œuvre par le gouvernement français pour éviter les embouteillages. Sans compter les procédures chronophages et difficilement compréhensibles, il y aura toujours des transitaires préférant s’enquérir de la situation sur place.

Opportunité pour la sous -traitance

Pour améliorer, faciliter, ou alléger cette logistique cauchemardesque post-Brexit, chacun verra les choses à sa façon, une des solutions qui s’offre aux expéditeurs » est la sous-traitance. Cette délégation sera l’apanage des transitaires. Pour palier à toutes les contraintes administratives, les entreprises gagneront à solliciter les transitaires pour effectuer les opérations de transport de marchandises avec le Royaume-Uni post-Brexit. Pour connaître, à chaque opération, le meilleur transitaire, nous vous recommandons de faire une demande de cotation via Transpare. Ainsi, vous recevrez plusieurs offres de transitaires partenaires et vous pourrez librement choisir la meilleure.

Opportunité pour les pays en développement

Par ailleurs, cette dynamique post-Brexit favoriserait la création et la fréquentation régulières de nouvelles places portuaires. En effet, les ports de Douvre et Folkstone assez congestionnés engendreraient un report vers les ports de Londres, Gimbsy, Tyneside ou Forth. Et une augmentation du trafic à différents pôles, et donc la création potentielle de 86.000emplois outre-Manche.

Insertion de nouvelles règlementations

Règlementations administratives

D’un point de vue administratif, les citoyens français vivants au Royaume-Uni et venus dans le cadre des accords européens, se verront certainement considérés sans papiers. De plus, les employeurs français installés sur place, devront établir de nouvelles formalités en tant qu’entreprises étrangères et donc devoir payer des taxes et redevances nouvelles.

Règlementations douanières

Sans entente ou consensus dans le cadre d’un post-Brexit « sans accord commercial » résulte des droits de douane estimés entre 11,4 et 16 milliards de dollars en exportations actuelles. Et malgré un accord de « libre échange »  signé par les parties, les exportations du Royaume -Uni baisseront de 9%.

taxes douanières post-Brexit

La principale inquiétude des professionnels du shipping concernant le post-Brexit, est celle de la réinsertion des droits de douane dans le commerce. Sans accord, les relations entre l’UE et le Royaume-Uni seraient basées sur les règles édictées par l’OMC. En pratique, ce serait tout simplement une explosion de formalités administratives. En ce qui concerne l’export, il existe trois lignes quotidiennes , qui à elles seules correspondent à 80000 déclarations de douane/jour. Ce chiffre serait multiplié par deux après le Brexit indique Jean-François Auzéau , directeur douane de Ziegler France.

Toutes les entreprises qui importeraient ou exporteraient des marchandises depuis ou vers le Royaume-Uni post-Brexit feront l’objet d’une déclaration obligatoire et préalable à la douane, reprenant les caractéristiques essentielles des marchandises transportées. Ensuite seront appliqués des droit de douane et une politique commerciale pour les dites marchandises.

Le dédouanement permettra à l’importation d’émettre des droits et des taxes en application du commerce extérieur. A l’exportation, il permettra de vérifier la sortie effective des biens, et justifiera de la vente en exonération de TVA pour les biens soumis à des restrictions et des déclarations d’exportation. Les objets comme les armes et les biens culturels devront bénéficier d’une autorisation de sortie. A l’import comme à l’export les articles seront vérifiés deux fois ; avant de sortir du territoire et à l’entrée du territoire dans le lequel ils sont importés.

Règlementation économiques

Les navires battant pavillon anglais se verront perdre leur droit de cabotage sur les eaux des Etats membres de l’Union Européenne dont les eaux maintiennent des restrictions. En riposte, le Royaume-Uni pourrait restreindre l’accès à son marché domestique. Le risque sur cette question susciterait une mise place de barrières trop sophistiquées et pourrait engendrer du dumping.

Alourdissement des charges

Augmentation du taux de fret

Le retour des formalités douanières favoriserait une rareté des opérateurs faisant la liaison entre Dunkerque ou Le Havre et la Grande-Bretagne. En effet, pour l’exportation des produits finis, de nombreuses entreprises travaillent avec des compagnies maritimes réalisant des trafics quotidiens. La hausse des formalités douanières allongerait techniquement les délais, causant ainsi un découragement chez les opérateurs sur ce tronçon désormais complexe. C’est sans compter une inflation du prix du fret.

De ce fait, les entreprises n’auront peu de choix que de déménager en France ou assumer les nouvelles réglementations depuis le Royaume-Uni.

Etablissement de nouvelles normes structurelles

Contraintes de prix et de logistique

Selon un rapport de la CNUCED (Conférence des Nations unies sur le Commerce et le Développement), les exportations post-Brexit pourraient chuter de 32 millards d’euros en raison des tarifs douaniers et des mesures non tarifaires. Ces mesures tarifaires correspondent aux mesures politiques autres que douanières pouvant affecter le commerce international de biens.

Ils auront pour conséquences l’augmentation des coûts commerciaux et une hausse potentielle des tarifs, occasionnant des effets économiques négatifs du Brexit pour le Royaume-Uni, l’UE et les pays de développement. Les règlementations post-Brexit affectent la majorité des produits utilisés au quotidien. Cela va des exigences d’emballages et des limites d’utilisation des pesticides aux restrictions sur les toxines dans les jouets et les normes d’émission pour les voitures.

Aménagement des barrières frontalières

La réintroduction des procédures douanières se traduit aussi par de nouveaux coûts d’infrastructures.  La réorganisation physique des terminaux afin de séparer les différents flux, populations et marchandises. Ces travaux d’aménagements et de construction nécessitent des investissements conséquents. La période de transition garantit que jusqu’en fin 2020, rien ne changerait pour les entreprises et particuliers. La fin de la transition se traduirait par une rétablissement des contrôles douaniers, sanitaires, phytosanitaires et de la police aux frontières.

La douane française travaille à la création d’une  » frontière intelligente » sur le site du canal de la Manche, du ports de Calais et de Dunkerque et des ports normands et bretons. Ces barrières ayant une vocation effective dès la fin de transition et en cas de non accord post-Brexit, permettront de cibler les contrôles et d’éviter une paralysie du trafic. il s’agit d’un système dématérialisé qui anticipe les procédures douanières (douanières, placement sous transit, déclaration d’import-export) et s’effectue avant de passer à la frontière par tous les opérateurs économiques. La vie post-Brexit se dessine encore floue, mais semble déjà bien compliquée. En effet, les transitaires devront s’adapter à cette frontière intelligente et à ces procédures spécifiques.-

Tous ces changements peuvent altérer ou bouleverser votre expertise en matière d’échanges France -Grande-Bretagne. Dans ce cadre nous pouvons être un véritable tremplin pour vous éviter bien des tracas de logistique, de temps et gains perdus. Transpare, à travers ses connaissances de nombreux marchés internationaux et ses transitaires partenaires améliore vos échanges commerciaux post-Brexit. Comme si vous y étiez vous même, vous êtes mis au courant des différentes étapes, et gérez à distance.